Différentiel type A, AC, F ou B : lequel choisir ?

Sur un interrupteur ou un disjoncteur différentiel, en plus de la sensibilité (30 mA) et du calibre (40 A, 63 A…), il y a une lettre : AC, A, F ou B. Cette lettre, c’est le type, et elle indique quelles formes de courant de fuite l’appareil est capable de détecter. Se tromper de type, c’est risquer d’avoir un différentiel aveugle face à certains défauts.

Pourquoi la forme du courant change tout

Un différentiel détecte une fuite grâce à un petit transformateur (un tore) qui mesure le déséquilibre entre phase et neutre. Ce système fonctionne très bien avec un courant alternatif sinusoïdal, la belle sinusoïde du réseau.

Le problème, c’est que beaucoup d’appareils modernes ne consomment plus un courant bien sinusoïdal. Plaques à induction, machines à laver à variateur de vitesse, chargeurs, bornes de recharge : leur électronique de puissance « hache » le courant. En cas de défaut, le courant de fuite peut alors contenir une composante continue ou des fréquences inhabituelles… que certains différentiels ne voient tout simplement pas. Pire : une composante continue peut saturer le tore et aveugler le différentiel même pour les fuites classiques.

D’où l’existence de plusieurs types, du plus simple au plus complet.

Type AC : le standard

Le type AC détecte les courants de fuite alternatifs sinusoïdaux uniquement. C’est le type de base, le moins cher, et il convient à la majorité des circuits d’une maison : éclairage, prises classiques, chauffage électrique à résistances (convecteurs).

Son symbole sur l’appareil : une simple sinusoïde.

Type A : pour les appareils à électronique de puissance

Le type A détecte tout ce que voit le type AC, plus les courants de fuite à composante continue pulsée, typiques des appareils avec redresseur ou variateur.

En logement, la NF C 15-100 impose au moins un différentiel 30 mA de type A dédié aux circuits plaque de cuisson et lave-linge (les deux circuits nommément visés ; le lave-vaisselle y est souvent ajouté par prudence). Le circuit de recharge de véhicule électrique relève aussi au minimum du type A, avec une détection complémentaire de courant continu (voir plus bas).

Son symbole : une sinusoïde + des demi-ondes redressées.

En pratique, dans un tableau récent, tu trouveras au moins un interrupteur différentiel de type A (pour la rangée cuisine/lave-linge) et des type AC pour le reste.

Type F : pour les variateurs de fréquence

Le type F (comme « fréquence ») fait tout ce que fait le type A, et détecte en plus les fuites composées de fréquences multiples, générées par les variateurs de fréquence. On le recommande pour les circuits alimentant des équipements comme les pompes à chaleur, climatiseurs ou certains lave-linge dernière génération, dont les moteurs sont pilotés par variateur.

Autre atout : le type F encaisse mieux les petites perturbations transitoires, donc moins de déclenchements intempestifs sur ces équipements.

Type B : pour le courant continu lisse

Le type B est le plus complet : il détecte aussi les courants de fuite continus lisses, que ni le A ni le F ne voient. On en a besoin quand il y a de la conversion de puissance importante côté continu :

  • certaines bornes de recharge de véhicule électrique (selon leur technologie de charge et leur électronique interne) ;
  • des onduleurs photovoltaïques (selon leur conception) ;
  • des équipements industriels (variateurs triphasés, redresseurs…).

Pour les bornes VE, il y a une subtilité : la plupart des bornes intègrent leur propre détection du courant continu de défaut à 6 mA, ce qui autorise un simple différentiel type A en amont ; sans cette détection intégrée, un type B est obligatoire. Vérifie la notice de la borne — l’information y figure.

Comment choisir, concrètement

  • Circuits classiques (lumière, prises, convecteurs) → type AC.
  • Plaque de cuisson, lave-linge, gros électroménager à électronique de puissance → type A.
  • Pompe à chaleur, clim, équipement à variateurtype F (le A est souvent le minimum, le F est plus adapté).
  • Borne VE, photovoltaïque, industriel avec courant continutype B (ou type A si l’équipement intègre sa propre détection DC).

Un type « supérieur » couvre toujours les cas du type inférieur : un type A peut remplacer un AC, un B peut tout remplacer. C’est le prix qui grimpe, pas la protection qui baisse. Et attention : le type ne remplace pas les autres critères — il faut aussi choisir la bonne sensibilité (30 mA côté personnes) et le bon calibre (40 A ou 63 A).

Si tu remplaces un différentiel dans ton tableau, coupe d’abord le courant au disjoncteur général, et au moindre doute fais appel à un électricien : le choix du type engage la sécurité des personnes.

Questions fréquentes

Je peux mettre du type A partout ?

Oui, techniquement le type A fait tout ce que fait l’AC, et en mieux. C’est juste plus cher. Certains électriciens équipent d’ailleurs les tableaux neufs entièrement en type A pour anticiper les appareils modernes.

Comment savoir quel type j’ai dans mon tableau ?

Regarde les petits symboles sur la face avant de l’appareil : sinusoïde seule = AC, sinusoïde + demi-ondes = A. Le type F ajoute la mention « F » ou un symbole de hautes fréquences, le type B porte des symboles continus. La référence exacte se retrouve aussi sur le catalogue du fabricant.

Le type a un lien avec le fait que mon différentiel saute ?

Indirectement, oui : un type mal adapté peut soit rater des fuites (danger), soit déclencher à tort sur des perturbations. Si ton différentiel saute sans raison apparente, lis pourquoi ton différentiel saute avant d’accuser le type.