Le démarrage direct 1 et 2 sens de marche

Le démarrage direct, c’est le montage le plus simple pour lancer un moteur asynchrone triphasé : un contacteur qui se ferme, et le moteur reçoit d’un coup la pleine tension du réseau. C’est LE premier schéma que tu câbles en atelier, et la base de tous les autres. Si tu le maîtrises, l’étoile-triangle et les montages plus évolués deviennent faciles.

Le principe et ses limites

On ferme le contacteur KM1, le moteur démarre à pleine tension : couple maximal tout de suite, montage économique. En contrepartie, l’appel de courant est brutal — plusieurs fois le courant nominal — ce qui réserve le démarrage direct aux moteurs de petite et moyenne puissance. Au-delà, le réseau et la mécanique n’apprécient pas, et on passe à un démarrage à courant réduit.

Le schéma de puissance (1 sens)

De haut en bas sur le folio :

  • Q1 : sectionneur porte-fusibles ou disjoncteur moteur — il isole et protège le départ.
  • KM1 : le contacteur, avec ses trois pôles de puissance (1-2, 3-4, 5-6).
  • F1 : le relais thermique, traversé par les trois phases, qui protège le moteur contre les surcharges (détails dans contacteur + relais thermique).
  • M1 : le moteur, couplé en étoile ou en triangle selon sa plaque et la tension réseau.

Le schéma de commande (1 sens)

C’est ici que se joue toute la logique. Le circuit de commande est alimenté en général sous une tension plus faible (24 V ou 230 V via un petit transformateur). Dans l’ordre, en série :

  1. Le contact NC 95-96 du relais thermique F1 : s’il a déclenché, plus rien ne peut démarrer.
  2. Le bouton-poussoir arrêt S1, contact NC (normalement fermé) : un appui ouvre le circuit.
  3. Le bouton-poussoir marche S2, contact NO (normalement ouvert), en parallèle avec le contact 13-14 de KM1.
  4. La bobine A1-A2 de KM1.

Le point malin, c’est l’auto-maintien : quand tu appuies sur S2, la bobine de KM1 est alimentée, le contacteur colle, et son contact auxiliaire 13-14 se ferme. Ce contact « shunte » S2 : tu peux relâcher le bouton, le courant continue de passer par 13-14. Pour arrêter, tu appuies sur S1 : le circuit s’ouvre, la bobine lâche, 13-14 se rouvre, et tout reste à l’arrêt. C’est aussi une sécurité en cas de coupure de courant : au retour du secteur, le moteur ne redémarre pas tout seul, il faut réappuyer sur marche.

Le 2e sens de marche : on inverse deux phases

Un moteur asynchrone triphasé tourne dans le sens du champ tournant. Pour inverser le sens de rotation, il suffit de croiser deux phases sur les trois — n’importe lesquelles. En pratique, on ajoute un deuxième contacteur :

  • KM1 alimente le moteur dans l’ordre L1-L2-L3 → sens 1 (par exemple « montée »).
  • KM2 alimente le moteur avec deux phases croisées (par exemple L3-L2-L1) → sens 2 (« descente »).

Sur le folio de puissance, tu vois les conducteurs se croiser entre KM2 et le moteur : c’est la signature visuelle de l’inverseur de sens.

Le danger à éviter : KM1 + KM2 en même temps

Si les deux contacteurs collent ensemble, deux phases sont mises en court-circuit direct. Pour l’interdire, on met deux verrouillages :

  • Verrouillage électrique : un contact NC de KM2 en série avec la bobine de KM1, et un contact NC de KM1 en série avec la bobine de KM2. Tant qu’un contacteur est collé, l’autre ne peut pas être alimenté.
  • Verrouillage mécanique : une bascule mécanique entre les deux contacteurs rend leur fermeture simultanée physiquement impossible, même si un contact auxiliaire est soudé.

Côté commande, chaque sens a son bouton marche (S2 pour le sens 1, S3 pour le sens 2) avec son propre auto-maintien, et le bouton arrêt S1 est commun : il coupe tout, quel que soit le sens. Sur beaucoup de schémas, il faut passer par l’arrêt avant de changer de sens — c’est plus doux pour la mécanique que d’inverser en pleine rotation.

Exemple concret : le portail d’atelier

Un portail motorisé, c’est exactement ce montage : KM1 = ouverture, KM2 = fermeture, plus des fins de course (contacts NC en série avec chaque bobine) qui arrêtent le moteur en bout de rail. Si tu comprends ce schéma, tu sais lire la majorité des petites machines d’atelier. Pour t’entraîner à décoder les repères KM, F, Q, S, va voir lire un folio de commande et de puissance.

Sécurité : la consignation d’abord

Avant de câbler, modifier ou dépanner ce circuit : consignation obligatoire. On sépare (Q1 ouvert), on condamne (cadenas + pancarte), on vérifie l’absence de tension avec un VAT, et seulement après on met les mains dedans. Un circuit de commande en 24 V n’excuse rien : la puissance, elle, est en 400 V.

Questions fréquentes

Pourquoi le bouton d’arrêt est-il toujours un contact NC ?

Pour la sécurité positive : si un fil du bouton d’arrêt se coupe ou se débranche, le circuit s’ouvre et le moteur s’arrête. Avec un contact NO, un fil coupé rendrait l’arrêt inopérant — le défaut passerait inaperçu jusqu’au jour où tu en as besoin.

Que se passe-t-il si j’inverse les trois phases au lieu de deux ?

Rien de visible : l’ordre L2-L3-L1 est une simple rotation de l’ordre L1-L2-L3, le champ tournant garde le même sens. C’est bien le croisement de deux phases seulement qui inverse la rotation.

Mon moteur redémarre tout seul après une coupure, c’est normal ?

Non, avec un auto-maintien correct il doit rester à l’arrêt. S’il redémarre seul, la commande est probablement câblée avec un interrupteur maintenu au lieu de boutons-poussoirs — dangereux sur une machine. À corriger.